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Habitat intergénérationnel et résidences partagées : les alternatives à la cohabitation chez l’habitant

L’habitat intergénérationnel regroupe les formules où seniors et plus jeunes vivent chacun dans leur propre logement, au sein d’un même ensemble doté d’espaces communs et d’un projet de vie collective : résidences intergénérationnelles, habitat inclusif, béguinages ou résidences autonomie ouvertes aux jeunes.

Habitat intergénérationnel et résidences partagées : les alternatives à la cohabitation chez l’habitant

Vivre ensemble sans partager le même appartement

La cohabitation chez l’habitant suppose qu’un jeune occupe une chambre dans la maison d’un senior. Beaucoup de personnes âgées tiennent pourtant à garder leur porte d’entrée, leur cuisine et leur rythme. Les résidences partagées répondent à ce besoin : un logement privatif, des voisins choisis, des moments communs.

Ces formules se sont multipliées depuis une quinzaine d’années, portées par des bailleurs sociaux, des associations, des mutuelles et des collectivités. Elles n’obéissent pas toutes au même statut juridique, ce qui explique la confusion fréquente entre leurs appellations.

La résidence intergénérationnelle des bailleurs sociaux

Le principe consiste à réserver, dans un immeuble neuf ou réhabilité, des appartements adaptés aux seniors à côté de logements familiaux ou étudiants. Une salle commune et, souvent, un animateur ou un coordinateur organisent des activités, des échanges de services et une veille bienveillante.

ICF Habitat, filiale immobilière liée au groupe SNCF, présentait dès 2013 des programmes de ce type. Habitat et Humanisme développe aussi des maisons intergénérationnelles, dont l’une a reçu en 2020 la visite de la ministre chargée de l’autonomie.

Comment y obtenir un logement ?

Lorsque l’immeuble appartient au parc social, l’accès passe par une demande de logement social classique, avec plafonds de ressources. Les candidats signent souvent en plus une charte d’engagement : participer à la vie de la résidence, rendre de petits services, accepter les règles de l’espace commun.

Ce que coûte ce type de logement

Le loyer suit les barèmes du logement social ou intermédiaire selon le financement de l’opération. Les aides personnelles au logement de la CAF restent mobilisables. L’animation est généralement financée par le bailleur, une collectivité ou un partenaire associatif, sans surcoût direct notable pour les habitants.

L’habitat inclusif et l’aide à la vie partagée

L’habitat inclusif, inscrit dans le code de l’action sociale et des familles par la loi ELAN de 2018, vise les personnes âgées et les personnes handicapées qui choisissent de vivre ensemble autour d’un projet de vie sociale et partagée, tout en restant locataires ou propriétaires de leur logement.

Ce n’est pas un établissement médico-social : pas de prix de journée, pas d’admission en commission. Les habitants organisent leur vie avec un porteur de projet, association, bailleur ou collectivité, qui anime la vie commune et fait le lien avec les services extérieurs.

À quoi sert l’aide à la vie partagée ?

L’aide à la vie partagée, appelée AVP, finance l’animation du projet commun : coordination, activités, régulation de la vie collective. Elle est attribuée pour chaque habitant mais versée directement au porteur, après conventionnement avec le département, qui la cofinance avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Montant et conditions

Le cadre national fixé en 2021 prévoit une AVP modulée selon l’intensité du projet, dans la limite de 10 000 euros par habitant et par an. Chaque département décide ensuite, par appel à candidatures, des projets qu’il retient et du montant accordé à chacun.

Qui peut habiter un habitat inclusif ?

Les personnes âgées autonomes ou en légère perte d’autonomie et les adultes en situation de handicap y ont accès, sans orientation administrative obligatoire. Certains projets accueillent aussi des étudiants ou de jeunes actifs, ce qui leur donne une dimension intergénérationnelle assumée et visible.

Béguinages et résidences autonomie : deux autres familles

Le mot béguinage rappelle les communautés de béguines de Flandre, dont plusieurs enclos sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998. Aujourd’hui, il désigne surtout de petits ensembles de maisons de plain-pied pour seniors, groupées autour d’un jardin ou d’une salle commune.

Le béguinage n’a pas de définition juridique : selon le promoteur, il s’agit de logements sociaux, d’une copropriété privée ou d’un programme associatif. Les résidences autonomie, établissements médico-sociaux, peuvent quant à elles accueillir des jeunes de moins de trente ans dans une proportion limitée.

Comparer les formules d’un coup d’œil

Le tableau suivant distingue cinq façons de vivre près d’autres générations, selon le statut, le public et l’accompagnement prévu.

FormuleStatutPublic principalAccompagnement
Cohabitation chez l’habitantContrat entre un senior et un jeuneSenior de 60 ans et plus, jeune de moins de 30 ansAssociation facultative
Résidence intergénérationnelleLogement social ou intermédiaireSeniors, familles, étudiantsAnimateur ou coordinateur
Habitat inclusifLogement ordinaire avec projet partagéPersonnes âgées et handicapéesPorteur financé par l’AVP
BéguinageVariable, sans cadre légal propreSeniors autonomesSouvent un référent
Résidence autonomieÉtablissement médico-socialSeniors, quelques jeunesÉquipe et prestations minimales

Pour quels profils chaque formule convient-elle ?

La résidence intergénérationnelle convient aux seniors aux revenus modestes qui veulent un voisinage actif. L’habitat inclusif s’adresse à ceux qui recherchent un projet collectif plus structuré, souvent avec des services d’aide. Le béguinage séduit les personnes attachées à une maison individuelle avec jardin.

Quant à la cohabitation chez l’habitant, encadrée depuis 2018 par un contrat spécifique entre un senior et un moins de trente ans, elle reste la seule solution qui permet de rester dans son propre logement sans déménager.

Les erreurs qui coûtent cher

Plusieurs déceptions reviennent régulièrement chez les familles qui découvrent ces formules.

  • Confondre béguinage et établissement médicalisé, alors qu’aucun soin n’y est garanti.
  • Signer pour une résidence dite intergénérationnelle sans animation réelle, simple étiquette commerciale.
  • Ignorer les frais de services ajoutés au loyer dans certains programmes privés.
  • Attendre une perte d’autonomie importante, que ces logements ne savent pas toujours accompagner.
  • Négliger la liste d’attente, souvent longue dans le parc social.

Les étapes pour trouver une place

Les démarches diffèrent selon la formule, mais un parcours commun se dégage.

  1. Faire le point sur l’autonomie, le budget et le besoin de compagnie.
  2. Interroger le centre communal d’action sociale ou le point d’information local dédié aux aînés.
  3. Consulter la liste des projets d’habitat inclusif retenus par le département.
  4. Déposer ou actualiser une demande de logement social si l’opération en relève.
  5. Visiter la résidence et rencontrer l’animateur et quelques habitants.
  6. Lire la charte, le règlement et le détail des éventuels frais de services.

Questions fréquentes

Voici les réponses aux interrogations qui reviennent le plus souvent.

L’habitat inclusif est-il réservé aux personnes handicapées ?

Non. Le dispositif vise à la fois les personnes handicapées et les personnes âgées. Certains projets mêlent les deux publics, d’autres ne concernent que des seniors. L’ouverture à des étudiants dépend du projet porté localement et de la convention signée avec le département.

Peut-on toucher l’APA en habitat inclusif ?

Oui, l’habitant reste à domicile au sens juridique et conserve ses droits individuels, dont l’allocation personnalisée d’autonomie et les aides au logement. Certains habitants choisissent de mutualiser une partie de leurs heures d’aide à domicile pour organiser une présence plus régulière.

Une résidence intergénérationnelle accepte-t-elle les couples ?

Oui, la plupart proposent des deux-pièces adaptés aux couples de seniors. L’attribution suit alors les règles habituelles du logement social. Les jeunes ménages admis s’engagent en contrepartie à participer à la vie commune, ce qui fait la spécificité réelle de ces résidences.

Existe-t-il des aides pour créer un tel projet ?

Des collectivités et des fondations soutiennent la création d’habitat intergénérationnel par appels à projets. La plateforme publique Aides-territoires recense certains de ces dispositifs, ainsi que les financements départementaux liés au projet de vie sociale et partagée.

Organismes et ressources utiles

Références officielles et légales