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Colocation intergénérationnelle en Australie : comprendre le Homeshare

En Australie, la colocation intergénérationnelle prend la forme du Homeshare : une personne âgée ou fragile accueille chez elle un « homesharer » qui offre une dizaine d'heures d'aide par semaine contre un logement sans loyer, avec l'appui d'un programme associatif.

Colocation intergénérationnelle en Australie : comprendre le Homeshare

Qu'est-ce que le Homeshare à l'australienne ?

Le « householder », souvent âgé ou en situation de handicap, offre un logement ; le « homesharer » apporte en échange environ dix heures d'aide pratique par semaine : cuisine, ménage, courses ou jardinage, sans soins personnels.

Le plus souvent, aucun loyer n'est versé : le homesharer participe seulement aux charges courantes comme l'électricité ou internet. Un coordinateur salarié du programme sélectionne les candidats, organise la rencontre, rédige l'accord et reste joignable pendant toute la durée de la cohabitation.

Qui fédère les programmes ?

La Homeshare Australia and New Zealand Alliance, basée à Prahran dans la banlieue de Melbourne, est l'organisme fédérateur du secteur. En 2019, elle comptait cinq membres prestataires et dix-huit autres structures intéressées, dans cinq États et territoires dont Victoria et le Queensland.

Quels programmes ont marqué l'histoire du secteur ?

Wesley Homeshare, à Melbourne, a fonctionné de 1999 à 2016 et maintenait entre 40 et 50 binômes actifs. Il a fermé faute de financement, un sort partagé par Community Connections à Canberra, suspendu pour la même raison. Holdsworth Homeshare, à Sydney, testait un modèle payant.

Quels programmes existent aujourd'hui ?

L'offre reste dispersée. Homeshare Mount Alexander, à Castlemaine, est porté par Dhelkaya Health depuis la création du réseau My Home Network en 2019. En Australie-Méridionale, Vinnies SA a lancé un pilote réservé aux femmes, financé jusqu'au 30 juin 2025 selon sa page.

À qui s'adresse ce dispositif ?

Les householders sont des personnes âgées, des personnes handicapées ou des propriétaires vivant seuls dans une maison trop grande. Les homesharers sont des étudiants, des travailleurs aux revenus modestes ou des adultes en transition, capables d'assurer une présence régulière et quelques heures de soutien chaque semaine.

Un modèle forcément entre jeunes et aînés ?

Non. Le pilote de Vinnies SA associe des propriétaires de 55 ans et plus à des femmes d'un âge comparable,. L'écart d'âge n'est donc pas une condition, contrairement au cadre français réservé aux jeunes de moins de 30 ans.

Quelles vérifications avant la mise en relation ?

Les programmes exigent un entretien, un certificat de police et des références. Chez Vinnies SA, l'accueil d'animaux est discuté au cas par cas, et l'accord prévoit une période d'essai ainsi qu'une procédure de fin de cohabitation. Ce service n'est pas un hébergement d'urgence.

Pourquoi Victoria s'intéresse-t-elle au Homeshare ?

En mai 2025, une commission du Parlement de Victoria a visité Castlemaine dans le cadre de son enquête sur l'offre de logements en région. L'alliance y a cité les données du recensement : plus d'un million de chambres inoccupées dans la Victoria rurale.

Quels montants prévoir ?

L'absence de loyer est la règle la plus courante, mais des frais d'adhésion existent dans certains programmes. Le tableau suivant rassemble les montants et chiffres vérifiés, avec leur date et leur source, car les pratiques varient fortement d'un État à l'autre.

ÉlémentMontant ou chiffreSource et année
Loyer du homesharerAucun, charges partagéesVinnies SA, 2025
Aide fournieEnviron 10 heures par semaineAustralia Institute, 2019
Frais Vinnies SAAucuns pendant le piloteVinnies SA, 2025
Bénéfice net Wesley HomeshareEnviron 11 M$ sur 15 ansHANZA, 2025
Budget demandé pour trois sites2,34 M$ sur trois ansHANZA, juin 2026
Objectif de binômes régionaux70 à 100 en trois ansHANZA, juin 2026

Le loyer perçu est-il imposable ?

L'administration fiscale australienne demande de déclarer tous les revenus tirés de la location d'une partie de son logement. Les loyers résidentiels ne supportent pas la GST. Seules les dépenses liées à la partie occupée par le locataire sont déductibles, selon une formule combinant surface et durée.

Que se passe-t-il pour la plus-value à la revente ?

Selon l'ATO, l'exonération de plus-value sur la résidence principale peut devenir partielle si une partie du logement a produit un revenu. Dans un Homeshare sans loyer, la question se pose différemment ; un conseiller fiscal doit trancher selon la situation réelle.

Le Homeshare coûte-t-il cher à la collectivité ?

Les études disponibles montrent l'inverse. L'analyse de Carstein publiée en 2003 sur le programme MECWA estimait un bénéfice net annuel de 822 169 dollars australiens. Une étude de 2015 chiffrait à environ 15 millions les gains d'un programme de Melbourne sur onze ans.

Comment rejoindre un programme ?

Faute de réseau national couvrant tout le territoire, la première étape consiste à vérifier qu'un programme existe près de chez soi. Le parcours ressemble ensuite à celui d'un recrutement, avec plusieurs entretiens et une période d'essai avant l'engagement définitif.

  1. Contacter l'alliance HANZA pour connaître les programmes actifs dans son État.
  2. Déposer une manifestation d'intérêt auprès du coordinateur local.
  3. Passer l'entretien et fournir certificat de police et références.
  4. Rencontrer le binôme proposé, parfois à plusieurs reprises.
  5. Rédiger un accord précisant tâches, horaires, charges et règles de vie.
  6. Démarrer par une période d'essai d'environ un mois.
  7. Faire le point régulièrement avec le coordinateur et ajuster l'accord.

Quelles erreurs éviter ?

Le Homeshare repose sur la confiance et sur un équilibre fragile entre aide et indépendance. Les programmes australiens signalent plusieurs écueils récurrents, qui expliquent une partie des fins prématurées de binômes et des difficultés de recrutement.

  • Confondre homesharer et aide-soignant : les soins restent aux services professionnels.
  • S'engager sans période d'essai ni procédure de sortie écrite.
  • Sous-estimer le partage des factures d'énergie et de télécommunications.
  • Supposer qu'un programme existe partout alors que l'offre est très locale.
  • Négliger la déclaration fiscale lorsqu'une participation financière est versée.

Le Homeshare résiste-t-il aux arrêts de financement ?

C'est sa principale faiblesse. Plusieurs programmes ont disparu à la fin de subventions publiques ou philanthropiques. Vinnies SA précise que, si son pilote n'est pas prolongé, les binômes peuvent continuer de manière indépendante grâce à un accord séparé.

Le modèle peut-il retarder une entrée en maison de retraite ?

C'est l'argument central de l'alliance. Le rapport remis à la commission royale en 2019 souligne que la présence d'un homesharer peut faciliter une sortie d'hôpital plus rapide et éviter des coûts de résidence subventionnée, sans remplacer les services de soins.

Un étudiant étranger peut-il devenir homesharer ?

C'est possible si le programme local l'accepte et si le visa autorise ce mode d'hébergement. Il faut prévoir une vérification de police, des références et une disponibilité réelle de plusieurs soirées par semaine, ce qui reste exigeant pendant les périodes d'examens.

Faut-il payer pour s'inscrire ?

Certains programmes sont gratuits, d'autres demandent des frais. En 2019, Home Share Melbourne facturait des frais de mise en relation uniques, parfois annulés, puis une petite cotisation hebdomadaire après un mois d'essai. Les montants doivent être demandés directement au programme.

Combien de temps dure un accord ?

La durée est fixée dans l'accord écrit et peut être renouvelée. Les programmes privilégient des engagements de plusieurs mois pour assurer une continuité au householder, avec une clause permettant à chacun de mettre fin à l'arrangement après un préavis convenu.

Le Homeshare existe-t-il en dehors des grandes villes ?

Oui, et c'est même l'axe de développement actuel. Le projet présenté en juin 2026 cible trois sites régionaux de Victoria, dont une extension autour de Mount Alexander, pour exploiter les chambres libres des petites villes.

Organismes et ressources utiles

Références officielles et légales