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Colocation intergénérationnelle en Nouvelle-Zélande : une pratique émergente

En Nouvelle-Zélande, la colocation intergénérationnelle reste rare : quelques petits programmes de « homeshare » associent un propriétaire âgé à un colocataire qui apporte aide et présence, et un pilote public mené à Auckland en 2023-2024 a surtout révélé les obstacles.

Colocation intergénérationnelle en Nouvelle-Zélande : une pratique émergente

Où en est le homeshare néo-zélandais ?

Le pays ne dispose ni d'un statut légal dédié ni d'un réseau national de mise en relation. En juillet 2022, un rapport de l'Office for Seniors constatait que seuls deux programmes de petite taille fonctionnaient dans tout le pays, chacun avec une poignée de binômes.

Ces chiffres modestes contrastent avec les besoins : selon la directrice de l'Office for Seniors, citée en 2023, les personnes de 65 ans et plus représentent près de la moitié des Néo-Zélandais vivant seuls. Beaucoup souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible.

Quels programmes ont existé ?

À Hawke's Bay, Let's Share, porté par Age Concern, a démarré début 2020 et duré environ dix-huit mois. Virtual Eastern Bays Homeshare, dans la baie de l'Abondance, a fonctionné quatre ans à partir de 2018. À Nelson, Homeshare for Her a été relancé en septembre 2023.

Comment fonctionne un binôme type ?

Selon le rapport de 2022, le colocataire paie sa nourriture et une part des factures, assure une présence la nuit et jusqu'à dix heures de soutien hebdomadaire. Après une courte période d'essai, un accord de douze mois renouvelable est signé.

Le pilote d'Auckland a-t-il réussi ?

Pas encore. Financé par l'Office for Seniors et confié à Age Concern Auckland, il visait 40 à 50 binômes. L'évaluation intermédiaire publiée en août 2026 indique qu'à fin mai 2024 aucune cohabitation n'était installée : deux mises en relation avaient échoué et quatre étaient en vérification.

Quel cadre juridique pour une chambre louée chez soi ?

La loi de 1986 sur les baux d'habitation ne s'applique pas à la personne qui loue une chambre dans la maison du propriétaire : elle est considérée comme un flatmate. Ses droits reposent uniquement sur l'accord conclu avec l'occupant principal, d'où l'intérêt d'un écrit précis.

Que faire en cas de désaccord ?

Les litiges entre un occupant et son flatmate ne relèvent pas du Tenancy Tribunal mais du Disputes Tribunal. Tenancy Services ne conseille pas sur ces conflits et oriente vers les Community Law Centres ou le Citizens Advice Bureau, qui offrent une aide gratuite.

Existe-t-il un modèle d'accord ?

Oui. Tenancy Services met à disposition un modèle d'accord de partage du logement destiné aux flatmates et aux pensionnaires. Il permet de fixer la participation, les charges, le préavis et les règles de vie, et peut être complété par les tâches prévues dans un homeshare.

Une aide sociale peut-elle être affectée ?

C'est un point sensible. Le rapport de 2022 signalait que le maintien de l'allocation pour personne vivant seule, avec un homesharer présent, devait encore être clarifié. Le pilote d'Auckland a fixé la contribution du colocataire de façon à compenser une éventuelle perte de cette allocation.

Qui peut participer et à quelles conditions ?

Dans le pilote d'Auckland, l'hôte devait avoir au moins 65 ans, vivre de façon autonome et disposer d'un logement adapté, avec l'accord du propriétaire s'il était locataire. Le colocataire devait d'abord avoir 23 ans, seuil abaissé ensuite à 21 ans.

Qui s'est réellement inscrit ?

Les profils observés surprennent : les hôtes avaient pour la plupart entre 80 et 90 ans passés, et les colocataires étaient surtout des femmes de la fin de la trentaine à la soixantaine. La plupart des hôtes cherchaient une aide pratique plutôt qu'une simple compagnie.

Combien coûte la participation ?

Le tableau ci-dessous résume les règles financières observées dans les programmes néo-zélandais documentés. Aucun montant de loyer de référence n'est publié : la participation se négocie au cas par cas entre l'hôte et le colocataire, souvent avec le coordinateur.

ProgrammeFrais d'inscriptionParticipation du colocatairePériode d'essai
Age Concern AucklandAucunsCouvre l'effet sur l'allocationUn mois
Let's Share (Hawke's Bay)Non précisésPrévue nulle, parfois verséeDeux semaines
Virtual Eastern BaysFrais abandonnésNégociée entre les partiesNon précisée
Homeshare for Her (Nelson)AucunsNégociée entre les partiesNon précisée
Les revenus d'un pensionnaire sont-ils imposables ?

Les sources consultées ne tranchent pas cette question pour le homeshare. Lorsqu'une participation financière régulière est versée, il est prudent de se renseigner auprès de l'administration fiscale néo-zélandaise ou d'un comptable avant de signer l'accord.

Comment se lancer malgré l'offre limitée ?

Faute de programme dans la plupart des régions, beaucoup de binômes devront s'organiser seuls ou avec une association locale. Le rapport de 2022 recommande d'ailleurs des guides pratiques pour ces arrangements autonomes lorsque l'accompagnement par une agence n'est pas viable.

  1. Vérifier auprès d'Age Concern ou de l'alliance HANZA si un programme existe dans sa région.
  2. Définir par écrit les besoins de l'hôte et les heures d'aide attendues.
  3. Exiger une vérification de police et des références du futur colocataire.
  4. Visiter le logement et contrôler la sécurité de la chambre ou du sleepout.
  5. Remplir le modèle d'accord de Tenancy Services en ajoutant les tâches convenues.
  6. Prévoir une période d'essai et une procédure de sortie claire.
  7. Signaler tout changement de foyer aux organismes qui versent des aides.

Quelles erreurs éviter ?

L'évaluation du pilote d'Auckland et les expériences régionales mettent en lumière plusieurs écueils. Ils concernent autant la préparation des binômes que la gestion financière et l'organisation des structures qui tentent de lancer un service.

  • Penser que le colocataire bénéficie des protections de la loi sur les baux.
  • Lancer un programme sans travail préalable de sensibilisation du public.
  • Sous-estimer le personnel nécessaire : le pilote prévoyait 1,5 poste, il en fallait deux.
  • Oublier l'impact d'une participation sur l'allocation pour personne seule.
  • Attendre du colocataire des soins qui relèvent de services à domicile.

Pourquoi l'offre reste-t-elle si faible ?

Le public connaît mal le concept et les financements sont courts. Selon l'alliance HANZA, citée dans l'évaluation, un programme a besoin d'environ trois ans de financement de démarrage pour atteindre un rythme stable de mises en relation.

Quelles alternatives existent ?

Le flatting, très répandu dans le pays, permet de louer une chambre à un flatmate sans dimension intergénérationnelle formelle. L'hébergement en sleepout, petite dépendance dans le jardin, est aussi cité par le pilote d'Auckland comme une option offrant plus d'intimité aux deux parties.

Un étudiant étranger peut-il trouver un homeshare ?

C'est très difficile aujourd'hui, car les programmes actifs sont rares et privilégient des colocataires déjà installés localement. La plupart des étudiants internationaux se tournent vers les résidences universitaires ou le flatting classique, en vérifiant les conditions de leur visa.

Le homeshare est-il un service de soins ?

Non. L'évaluation de 2026 rappelle que le homeshare ne remplace ni les soins à domicile ni les autres services d'accompagnement. Le colocataire apporte une aide pratique et une présence, mais les besoins médicaux restent pris en charge par des professionnels.

Les Māori et les communautés du Pacifique sont-ils concernés ?

Le rapport de 2022 recommande d'associer les Māori à la conception des programmes, conformément au Traité de Waitangi, et de développer des approches adaptées aux communautés du Pacifique, où la cohabitation familiale élargie reste une tradition forte.

Le dispositif va-t-il se développer ?

Rien n'est garanti. Le rapport de 2022 recommandait un modèle de financement durable associant État, collectivités, organisations māori, associations et philanthropie. L'évaluation finale du pilote d'Auckland devrait éclairer la suite donnée par le gouvernement.

Organismes et ressources utiles

Références officielles et légales